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vendredi 26 août 2016

THIS HEAT


Made available
(These Record 1996)

La musique de This Heat, trio anglais actif de 1976 à 1982, est difficile à résumer. Un son résolument rock voire post punk mais une démarche totalement expérimentale, qui s'affranchit des convenances pour mieux tracer sa voie. Les huit titres enregistrés en 1977 lors d'une des célèbres émissions radio de John Peel qui composent Made available, restent d'une originalité bluffante quelques 40 années plus tard. This Heat ose les virages à 180 degrés et prend souvent l'auditeur à contrepied sans jamais se perdre. La guitare acérée, le batterie explosive et jamais facile, la voix utilisée de façon sporadique et de nombreux sons parfois difficile à identifier (bandes, orgues, clarinette, synthétiseur) s'entremêlent fiévreusement, bruyamment sans jamais que l'inspiration ne fasse défaut. Du grand art.


mardi 29 mars 2016

GETATCHEW MEKURIA & THE EX & GUESTS


Moa Anbessa
(Terp Records  2006)

Voici une rencontre hautement improbable que celle du musicien éthiopien Getatchew Mekuria et du groupe hollandais The Ex (épaulé ici par plusieurs musiciens). Getatchew Mekuria, né en 1935, est un saxophoniste reconnu comme un des musiciens majeurs de l'ethio jazz, style populaire durant les années 60 et 70 notamment mis à l'honneur dans Broken Flowers le film de Jim Jarmusch. The Ex est un groupe issu de la scène anarcho-punk d' Amsterdam (premier pas discographique en 1979) qui sévit depuis 35 ans et plus d'une vingtaine d'albums. Mais ne voir en The Ex qu'un groupe punk serait bien réducteur, tant les membres du  groupe se sont évertués au gré des rencontres à confronter leur son abrasif à de nouvelles idées.  C'est certainement pour cela que cet album qui aurait pu être bancal est une réussite étincelante, un disque plein d'énergie où l'on entend une cohésion rare.  L'album débute par Ethiopa Hagere, attaque frontale très punk remarquable avant de glisser vers des morceaux plus lents, plus groovy. Et même si cette guitare angulaire et une voix scandée sont indéniablement punk, les rythmiques utilisées et bien entendu ce saxophone à la fois suave et très brut tire l'ensemble vers l'ethio-jazz mentionné plus haut. Car Getatchew Mekuria est loin de faire de la figuration et porte véritablement l'ensemble de l'album. Compositions originales ou airs traditionnels revisités, enregistrements studio ou live, les onze chansons de Moa Anbessa s'enchaînent sans temps mort, onze réussites éclatantes pour un album de très haute volée.

jeudi 11 février 2016

JC SATAN

 JC Satan
 (Born Bad Records - 2015)
  
Sur la première chanson de ce quatrième album , JC Satan semble reprendre les choses là où ils avaient laissé avec son précédent opus Faraway Land. A savoir un rock garage débraillé qui rue dans les brancards. Mais cette mise en bouche est trompeuse car si JC Satan n’a pas pour autant remisé l’électricité au placard ni totalement abandonné l’énergie brute, JC Satan, l’album, présente une musique bien plus contrastée. Les mélodies pop, autrefois submergés par les guitares et les hurlements, sont maintenant mises en avant avec parfois quelques touches psychédéliques comme sur Waiting for you où s'entremêlent sur plus de six minutes les guitares (à l'envers) et les cuivres. Mais attention si nos amis Bordelais se sont (momentanément ?) assagis, ils conservent tout de même une belle singularité grâce à des mélodies souvent obliques, des guitares fuzz qui dérapent allègrement et le mariage des voix masculine/féminine véritable marque de fabrique de JC Satan. Les influences sont multiples mais ne viennent jamais écraser des compositions qui regorgent de trouvailles soniques avec une mention spéciale pour ces lignes de basses qui soutiennent et enrichissent chaque morceau à la fois support rythmique et accroche mélodique. 


samedi 30 janvier 2016

PORTISHEAD


Third
(Island records 2008) 

Portishead, groupe emblématique du trip hop au côté de Massive Attack et Tricky, aura mis plus de dix ans à donner une suite studio à Portishead, leur second album éponyme.  A sa sortie en 2008, les attentes étaient énormes et l'on pouvait se demander si le groupe allait se contenter d'améliorer la formule (avec plus ou moins de bonheur) ou bien si il allait choisir de se réinventer. Et fort heureusement, Geoff Barrow, Beth Gibbons et Adrian Utley ont choisi la seconde voie. Et même si les morceaux à l'ancienne (excellents d'ailleurs) sont bien présents, le son est brut résolument rock et même post punk. Fini les samples qui portaient les morceaux placent aux guitares, à la batterie, aux sons électroniques vintage (on entend clairement les influences de Kraftwek ou même Silver Apples) et bien sûr à la voix si caractéristique de Beth Gibbons. L'album fourmille d'idées, part dans une direction pour mieux surprendre l'instant suivant.  Portishead a su se remettre en question et explorer de nouvelles directions sans jamais faillir, pour ce que je considère comme leur meilleur album.