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samedi 3 décembre 2016

DJ RUPTURE

Minesweeper Suite
(Tigerbeat6 - 2002)

Expression galvaudée si l'en est, sono mondiale est certainement le terme qui décrit le mieux ce mix de Dj Rupture. Le Caire, Kingston, Rio ou encore New York, les 67 morceaux qui constituent les 24 plages de cet album vous baladent aux quatre coins de la planète pour un résultat dansant, d'une vitalité incroyable, qui procurent un plaisir immédiat. Jace Clayton, alias Dj Rupture, par ailleurs écrivain, s'amuse et superpose avec dextérité les musiques urbaines les plus remuantes. Voix féminines et masculines, musiques orientales et hip hop, percussions brésiliennes et guitares, les sonorités se télescopent, se mélangent sans effort, abolissant les frontières entre les genres. Et même si 14 ans après sa sortie, ce cocktail a été maintes fois servi, on a rarement égalé l'équilibre parfait entre les saveurs, le pouvoir d'ivresse immédiat de ce breuvage détonnant.



mardi 29 mars 2016

GETATCHEW MEKURIA & THE EX & GUESTS


Moa Anbessa
(Terp Records  2006)

Voici une rencontre hautement improbable que celle du musicien éthiopien Getatchew Mekuria et du groupe hollandais The Ex (épaulé ici par plusieurs musiciens). Getatchew Mekuria, né en 1935, est un saxophoniste reconnu comme un des musiciens majeurs de l'ethio jazz, style populaire durant les années 60 et 70 notamment mis à l'honneur dans Broken Flowers le film de Jim Jarmusch. The Ex est un groupe issu de la scène anarcho-punk d' Amsterdam (premier pas discographique en 1979) qui sévit depuis 35 ans et plus d'une vingtaine d'albums. Mais ne voir en The Ex qu'un groupe punk serait bien réducteur, tant les membres du  groupe se sont évertués au gré des rencontres à confronter leur son abrasif à de nouvelles idées.  C'est certainement pour cela que cet album qui aurait pu être bancal est une réussite étincelante, un disque plein d'énergie où l'on entend une cohésion rare.  L'album débute par Ethiopa Hagere, attaque frontale très punk remarquable avant de glisser vers des morceaux plus lents, plus groovy. Et même si cette guitare angulaire et une voix scandée sont indéniablement punk, les rythmiques utilisées et bien entendu ce saxophone à la fois suave et très brut tire l'ensemble vers l'ethio-jazz mentionné plus haut. Car Getatchew Mekuria est loin de faire de la figuration et porte véritablement l'ensemble de l'album. Compositions originales ou airs traditionnels revisités, enregistrements studio ou live, les onze chansons de Moa Anbessa s'enchaînent sans temps mort, onze réussites éclatantes pour un album de très haute volée.

vendredi 15 janvier 2016

MBONGWANA STAR

From Kinshasa to the moon
(World Circuit Records 2015)

L'album commence par quelques sons électroniques, puis la rythmique tranquillement chaloupée et une ligne basse entêtante entrent rapidement en scène avant qu'une guitare n'égraine quelques arpèges. Finalement la voix place la musique de Mbongwaba Star sur le continent africain. Ce morceau introductif résume le souffle qui traverse ce magnifique album. À savoir une originalité de tous les instants, où les basses post punk voire dub croisent des parties d'orgues, des polyrythmies plus ou moins identifiables comme africaines, des guitares punk, des sons électroniques et même des pianos à pouce électrifiés. Oubliez la world music, Mbongwaba Star ne s’embarrasse pas des conventions pour un résultat foncièrement original et maîtrisé où rien ne semble forcé. Une originalité facilement abordable grâce une production qui fait le choix d'arrondir les angles. On perd ainsi certainement en puissance de feu mais la qualité des morceaux est telle que ce léger reproche ne doit pas vous empêcher de vous ruer sur ce disque fantastique à l'image du dansant et irrésistible "Malukayi" avec Konono n°1 en invités.
Mbongwaba Star est un groupe de la république démocratique du Congo composé de sept membres, dont deux transfuges de Staff Benda Bilili et Doctor L franco-britannique déjà auteur de plusieurs albums solo et également producteur émérite (Tony Allen,...).


mercredi 13 janvier 2016

HIGH WOLF

Growing Wild
(Leaving Records 2015)

Depuis plusieurs années Maxime Primault, français installé en Californie envoie des cartes postales psychédéliques sous forme de disques de grande qualité que ce soit sous les noms High Wolf ou Black Zone Myth Chant. Growing wild son dernier album sous la bannière High Wolf est clairement sous perfusion africaine, empruntant autant aux sonorités sahariennes, qu'au Shangaan électro. Si les premières minutes très inspirées laissent à penser que l'on se dirige vers une relecture fidèle du (des) genre(s), High wolf prend très vite la tangente et emprunte sans retenu des chemins de traverses (bleeps et basses électroniques, synthé, breaks) propulsé par une boite à rythme émulation raide des polyrythmies chers au genre. Aussi casse-gueule que puisse être la démarche, les morceaux s'enchaînent sans temps mort dominés largement par des lignes de guitare toutes plus excellentes les unes que les autres. Un disque lumineux à écouter sans modération.