Affichage des articles dont le libellé est Electronique cérébrale. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Electronique cérébrale. Afficher tous les articles

samedi 3 décembre 2016

LEE GAMBLE

Chain Kinematics
(UIQ - 2016)

Sur Diversions 1994-1996, Lee Gamble avait largement mis de côté les structures rythmiques et avait créé une musique électronique, hybride, souvenirs brumeux de soirée jungle des années 90. Le résultat qui s'appuyait sur les mix tapes d'époque de Lee Gamble constitue une remarquable réussite, une carte de visite singulière qui a instantanément installé son auteur dans le cercle restreint des producteurs dont chaque sortie discographique est attendu avec intérêt par les amateurs exigeants. Son dernier ep en date Chain Kinematics se veut beaucoup plus carré avec des beats taillés pour le dancefloor. Le premier morceau l'illustre à merveille avec un beat 4/4 bien costaud rapidement perturbé par des samples aussi surprenants qu'étranges. Une musique techno brute et sans emphase où chaque élément accentue la vision personnelle de l'auteur.


samedi 17 septembre 2016

JK FLESH

Rise Above
(Electric Deluxe - 2016)

Depuis plus de 20 ans Justin broadrick oeuvre pour la bonne santé des musiques les plus dures du spectre musical, que ce soit au sein de Napalm Death, Techno Animal, ou encore Godflesh. Godflesh que Broadrick a justement choisi de ressusciter l'année dernière après des années de recherches sonores un peu plus éthérées sous le patronyme de Jesu. Et le résultat fut aussi brutal qu'enthousiasmant, marquant le grand retour en forme de Broadrick. Cette année c'est au tour de Jk Flesh, son projet solo qui explore une musique électronique urbaine et sombre, de faire son retour. Urbain et sombre car ici il est question de béton, la musique est lourde, industrielle et mécanique reflétant les cités grises du nord de l'Angleterre qui ont vu grandir Broadrick. La basse vise au plexus tout en vrillant la tete, la boîte à rythme lourde et imperturbable enfonce le clou tandis que des sons métalliques complètent le paysage. Mais le talent de Broadrick est tel qu'il suffit de se laisser embarquer dans la centrifugeuse qu'est Rise Above pour dodeliner de la tête, un sourire en coin, heureux de se laisser happer pour une virée nocturne sans concession. En écoute le dansant Trinity.


mercredi 4 mai 2016

NOT WAVING

Animals
(Diagonal  2016)

Not waving c'est une peu comme si les groupes électroniques les plus rock du passé (Suicide ou encore Cabaret Voltaire première période) avaient été ingurgités puis recrachés pour un résultat sans concession. Mais nous sommes bien loin d'une quelconque relecture passéiste telle que les affectionne bon nombre de groupes de rock sans âme. Car c'est plus l'esprit qui est ici invoqué, une ADN commune qui donne 11 titres directs et efficaces à écouter sans modération. La basse est rugueuse à souhait, les samples caverneux et les sons électroniques bien acides. Une musique chaotique, immédiate et jouissive tour à tour ambient  comme sur Punch, synth punk comme sur Face attack ou carrément plus industriel comme sur Presenza immobile.

vendredi 26 février 2016

ANDY STOTT

Faith in Strangers
(Modern Love 2014)

Avec Faith in Strangers, Andy Stott poursuit son chemin singulier au sein de la musique électronique et s'affranchit des conventions. "Violence" le second morceau en est la parfaite illustration. Il s'ouvre tranquillement sur quelques notes de basse et un grincement électronique (très industriel) avant l'entrée en scène d'une voix féminine (celle d'Alison Skidmore, largement présente tout au long du disque) à qui les effets de réverbération donne un côté fantomatique. Mais cette impression éthérée vole bien vite en éclat avec l'arrivée d'une rythmique dure et obsédante qui emmène le morceau bien loin de la première impression. "Violence" résume assez bien un album qui demande pas mal de patience (ou simplement d'être écouté) pour livrer tous ses atours. Car Faith in Strangers est passionnant de bout en bout, luxuriant, fourmillant d'idées, avec un travail au niveau de la production très personnel qui renforce l'originalité de la musique d'Andy Stott : les boîtes à rythmes aux sonorités très années 80 viennent télescoper des structures drum & bass, les voix tout à tour éthérées ou chuchotées luttent pour ne pas être submergées par des sons de synthétiseurs agressifs ou des rythmiques concassées implacables, les accroches mélodiques vont et viennent au gré de l'inspiration sans faille de l'artiste. Cet album comblera les amateurs de musiques électroniques subtiles et exigeantes mais mérite également d'être découvert par un public plus large tant c'est un plaisir de se perdre dans les méandres de ce disque qui se révèle hautement addictif. 


vendredi 15 janvier 2016

ONEOHTRIX POINT NEVER

Garden of Delete
(Warp 2015)

Daniel Lopatin l'homme derrière Oneohtrix Point Never n'a eu de cesse à chaque album de se réinventer. Si les sonorités de synthé estampillées années 80 sont toujours bien présentes, nous sommes maintenant à des années lumières des dérives spatiales minimalistes de Rifts qui l’ont fait connaître en 2009. Le spectre sonore s'est sensiblement élargi pour créer un univers résolument électronique assez unique, marqué par des changements stylistiques à la fois incongrus et évident. Lopatin fait littéralement chanter les machines (magie des logiciels) tour à tour chanteuse de R & B sous hélium ou chanteur de métal burné, ose les plans guitares approximatifs (sample d’un tutoriel extrait de Youtube) pour sans transition enchaîner sur un double blast de batterie que ne renierait pas un groupe death metal. Mais ces quelques éléments isolés ne sauraient résumer un album protéiforme et ambitieux, Oneohtrix Point Never vient encore une fois de sortir un disque touffu, brillant, mélodique et surprenant. La très grande classe.